CHAPITRE 1 : My never ending story
Je courrais. Je courrais tellement loin et tellement rapidement que j'en avais mal. Je ne me souviens pas exactement de ce qu'elle m'a dit à ce moment là, ni qui elle était, mais elle m'importait énormément. Je ne me suis pas posé la question directement, je regardais le ciel de temps en temps : c'était l'aube. Des passants me fixèrent d'un air incrédule, je n'en regardai que quelques uns. Courant aussi loin que possible pour la rejoindre, je ne devais pas me retourner, de peur de voir le vide sur mes talons, mes pieds ensanglantés, je sentais que mes ongles rentraient dans mes orteils. Atteignant un carrefour, je repris mon souffle en m'arrêtant une dizaine de secondes, voyant que je courrais sur la route, mais à cette heure-ci, il n'y avait pratiquement personne. J'avais atteint la campagne, regardant les panneaux de signalisation, je courrais encore et encore. Je ne savais pas pourquoi, seulement il fallait que je cours. Je me disais, à mon propre étonnement, "Je suis là, je suis là, ça va aller". Et c'est seulement quand j'atteignit une autre ville qui devait être à 4 Kilomètres de là où j'habitais que je m'aperçu qu'elle était là, en haut de cet immeuble. Sans beaucoup réfléchir, je pris un panneaux de "Stop" mal fixé et, de toutes mes forces, cassais la vitre de la porte d'entrée. Je montais les escaliers, l'un après l'autre, deux à deux. Je n'en pouvais plus, mon coeur battait à s'en décrocher, c'est bien ce que j'ai cru qu'il allait se passer, je disais en moi "je te sauverais, je peux peut être te sauver", mes jambes me donnèrent une douleur insupportable, jamais je n'avais couru aussi longtemps. J'arrivais enfin sur le toit, c'est alors que je la vis : cheveux noirs coupés courts, habillée en noir, elle tenait un collier avec comme pendentif un crucifie, elle était sur le bord du toit. Puis je l'entendis pronnoncer ces mots "Dis-moi, il est mort pour rien, pas vrai ?". Je la vis qui était en train de tomber, se penchant en avant, droite verticalement. A ce moment-là, j'ai couru pour la rattrapper, mais c'était trop tard. L'immeuble était haut de 9 étages. J'ai couru assez vite, cependant, pour apercevoir son corps tomber en avant, utilisant ma vue, puis, dans un bruit lourd et un fracas incertains, elle était sur le sol. Je descendis par l'escalier de secours qui était opposé à l'endroit où nous étions, fit le tour du bâtiment aussi vite que je pu. Elle était là, inerte, la peau très pâle, presque aussi pâle que la mienne. Son crâne était ouvert, le sang avait giclé sur le sol et sur des passants qui hurlaient. Je m'approchais, tremblant de tout mes membres, tomba sur mes genoux, les yeux écarquillés. Et, de tout mes poumons, j'hurla à mon tour, aussi fort que je le pouvais, mais je n l'entendit pas, il était sourd.
C'est ainsi que je me réveilla en sursaut, de la sueur sur mon front. Je revoyais encore ces images dans ma tête, comme si je venais de voir un film. J'avais fait tombé mon livre par terre en me relevant ainsi. Je ne pense pas que mes parents m'aient entendu, car ils ne vinrent pas à ma rencontre. D'habitude ils me crient d'en bas "Alice !! Bon Dieu, fais moins de bruit !", enfin, surtout ma mère. Elle n'est pas du genre à supporter le bruit, elle peut l'entendre à des mètres à la ronde. Revenant à mes pensées, j'éssayais de trouver une signification à ce rêve. Je regardai l'heure : 4 h 58 du matin. Mes parents dormiront dans une heure. Je décidais de me recoucher, mais j'avais le coeur qui battait trop vite pour me rendormir comme ça. Et je n'avais franchement pas envie de recommencer du début ce rêve, ou plutôt, cauchemard, me diriez-vous. Malgré cette secousse, je fermais les yeux et ne pensais à rien.
Le matin venait, mon réveil sonna : 6 h 30. Le soleil se levait, il était déjà un peu haut dans le ciel. Surprenant pour une première semaine d'Octobre. A mon grand soulagement, j'avais dormi sans rêves, après celui que j'ai fais, je n'osais plus fermer les yeux. Je ne vous raconte pas le commencement de la matinée, c'est tout simplement le même que le vôtre : on se lave, on s'habille (il vaudrait mieux en même temps), on prend son petit déjeuner... enfin non, pas moi, car je n'ai pas faim le matin. Ma mère me dit que c'est justement une bonne chose à suivre pour l'économie budgettaire. Tu parles, personne n'a besoin de manger ici à part moi, enfin je parles d'aliments. Oui, je suis normale, je vais à l'école, j'ai une famille responsable, à un détail près... je suis un demi-vampire. Je dis demi car j'ai tout ce qu'un vampire a, sauf en ce qui concerne la soif. Je ne me nourris pas du sang humain, j'injecte dans leur corps le miens, car j'en fabrique, et il y a des parasites qui se forment et qui ne sont pas bons pour moi. Pour les humains en revanche, c'est comme une tisane. Quand je ne peux mordre personne, je vomis du sang. Ma mère explique alors que ce ne sont "que des ulcères, ma fille est très stressée, vous voyez...". Enfin, pour parler de l'école, ça ne m'arrange pas du tout. J'aime étudier, mais c'est à cause des autres que je n'aime pas y aller. Croyez-moi, si vous verriez... Enfin, ce matin donc je me dirigeais vers mon lycée. Journée ordinaire, bien que tout le monde est nouveau dans le lycée, il y en a pas mal qui se connaissent, pour ne pas dire pratiquement tous, vous voyez ce que je veux dire. Quand je marche, je regarde le sol, à force que mon frère me dise "Regarde où tu mets les pieds, maladroite !". Venant de lui c'est surprenant. Bref, passons les anecdotes. Il faisait gris, j'aurais pensé qu'il ferait beau car à mon réveil le ciel était rayonnant. Ca aussi, ça ne me fait rien. Enfin, j'arrivais à la porte d'entrée. Le surveillant regardait sa montre, il tenait des carnets de correspondance bleus et oranges. J'entrais alors dans la cour à la sonnerie. Super ! j'n'aurais pas à attendre qu'on rentre en classe comme une débile et toute seule. Remarquez, je suis toute seule, ce qui n'est pas pratique. Ca et là quelques discutions superficielles, du genre "H&M", "jeux vidéos", et "flirt". J'entendais sans écouter. Je traversais la cour, me retrouvant seule à attendre dans le rang. "Quelle idée ! me dis-je. Pourquoi suis-je toujours aussi pressée ?? Abrutie !". Je voyais des élèves qui me regardaient, certains en rigolant, d'autre en chuchotant je ne sais quels racontars. "Quoi ?? pourquoi vous me regardez comme ça ? pensais-je. C'est mon jean cette fois qui vous pose un problème ?". J'étais du genre impulsive du fait que les gens me fixent, mais je remarquais soudain que toute la classe était là. Nous n'étions pas beaucoup, une vingtaine et majoritairement filles. Tiens donc, ça me facilite les choses, tu parles ! J'ai oublié de préciser que je mords plus souvent les filles que les garçons, ils sont rares, seulement quand je ne peux pas me retenir et que je suis sur le point de vomir. Je mords plus les filles car elles éprouvent plus facilement un sentiment qui est de mon goût, chaque vampire (ou du moins la race de notre famille) a un goût propre de sang. Et quand on boit leur sang, ce sentiment s'inverse, par exemple si je mords une personne qui est honnête, elle deviendra malhonnête. Biensûr, ce n'est que temporaire, les effets ne durent que quelques jours, voir quelques semaines, mais jamais des mois. Mais tout ça pour vous dire que cette journée me semblait déjà longue et Ô comme j'avais raison...